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Bienvenue chez Stab
Velochrono.fr 19 June 2012 / 14:42

Mercredi, les participants à la 100e édition des Championnats de France vont commencer à arriver à Saint-Amand-les-Eaux, lieu choisi par la FFC pour fêter l’anniversaire. C’est aussi et…



Mercredi, les participants à la 100e édition des Championnats de France vont commencer à arriver à Saint-Amand-les-Eaux, lieu choisi par la FFC pour fêter l’anniversaire. C’est aussi et surtout une célébration de Jean Stablinski, enfant du pays, décédé il y a cinq ans et toujours recordman des titres nationaux.
Le seul auteur du doublé France-Mondial
Cela fait cinquante ans qu’il a été sacré champion du monde. C’était en 1962, à Salo, en Italie. Quelques semaines plus tôt, Jean Stablinski avait décroché son second titre de champion de France. Bleu-blanc-rouge et arc-en-ciel dans la même carrière, d’autres l’ont fait, comme Bernard Hinault, qu’il lança lui-même dans l’équipe Sonolor. Mais la même année, cela menant à l’improbable absence dans les pelotons, quelques mois durant, de la tunique tricolore ? Cela reste inédit. Quatre maillots de champion de France, aussi : 60, 62, 63, 64, c’est le record encore d’actualité, et pas prêt à d’être battu. En 1961, quand Raymond Poulidor le devançait à Rouen, Stab était… deuxième. En sept éditions consécutives, de 1960 à 1966, il n’est arrivé qu’une fois qu’il ne monte pas sur le podium. Monsieur bleu-blanc-rouge, spécialiste incontestable de cette compétition, coureur orienté vers les courses d’un jour quand son compère Jacques Anquetil, lui, se concentrait sur les grands tours. Un équilibre faisant le bonheur du duo, lequel a marqué le cyclisme français des années 60.
De Stablewski à Stablinski
Jean Stablinski s’appelle en fait Stablewski. Son père Martin est venu de Pologne dans les années 20, s’installant à Thun-Saint-Amand, à quelques encablures de la frontière belge. C’est un jour qu’un journaliste de La Voix du Nord se trompa dans l’orthographe de son nom qu’il déclina une nouvelle identité : Stablinski, futur champion de France et du monde, vainqueur d’un Tour d’Espagne, de plusieurs étapes sur les trois grands tours. Il fut un champion proche de ses racines. Joueur d’accordéon dans sa jeunesse, il se laissait aller à une petite prestation lors de certaines interviews à la télévision. Ses originaires polonaises eurent aussi une influence sur sa carrière : la Course de la Paix, épreuve reliant Prague à Varsovie, allait être le théâtre, en 1952, de ses premières victoires, maillot d’une sélection de Nordistes de famille d’immigrés sur le dos.
Bleu-blanc-rouge en famille
Quand son fils Jacques se distinguera comme un excellent coureur amateur, Jean émettra un souhait : qu’il aille disputer la Course de la Paix. Le fiston avait autre chose en tête : s’attaquer au titre mondial amateur en 1975, dans la foulée de l’obtention de ses succès sur le Championnat des Flandres et… le Championnat de France amateur, dont il demeure le plus jeune vainqueur de l’Histoire. Pas d’iris à la clé pour le fils, puis une carrière professionnelle brève. Encore aujourd’hui, il garde à coeur d’entretenir la mémoire de celui qu’il appelle le « paternel ». Cette semaine à Saint-Amand-les-Eaux, l’ombre Jean Stablinski, qui en son temps découvrit non loin d’ici la Trouée d’Arenberg, sera présente. Comme ce fut déjà le cas à Paris-Roubaix, quand aux abords du vélodrome extérieur finissait de se construire sa version indoor, flambant neuve, édifiée en son nom. 2012, l’année de cet élément du patrimoine du Nord-Pas-de-Calais : le Père Stab, qui reçoit le gratin du cyclisme français pendant une semaine.


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