En 2010, ils réalisaient leur meilleur Tour de France. Victimes de chutes, en 2011, ils n’avaient pas le loisir de le confirmer. Jurgen van den Broeck et Robert…
En 2010, ils réalisaient leur meilleur Tour de France. Victimes de chutes, en 2011, ils n’avaient pas le loisir de le confirmer. Jurgen van den Broeck et Robert Gesink attendent impatiemment l’édition 2012 : elle peuvent leur permettre d’atteindre le podium de l’épreuve pour la première fois de leur carrière.
Glorieux en 2010, cassés en 2011
Tour de France 2011. Après cinq jours, Robert Gesink va au tapis. Il est l’un des outsiders de l’épreuve et ses espoirs s’envolent en première semaine. Il attend Super Besse comme l’occasion de retrouver son terrain favori, se dit que « peut-être [il pourra] faire quelque chose de bien », et comprend vite qu’il n’en sera rien. Son Tour de France sera une longue traversée du désert, néanmoins menée à son terme à la 33e place du classement général, mais très loin de ses objectifs de départ. Comme pour enfoncer le clou, après le Tour, alors qu’il vient de terminer deuxième derrière Philippe Gilbert au Grand Prix de Québec, il se casse le fémur et passe l’hiver à se soigner. Bien qu’encore très jeune, le Néerlandais aurait pu exploser à ce moment de sa carrière. Il pouvait confirmer sa cinquième place de 2010, acquise à seulement 24 piges. C’est encore d’actualité puisque à partir de ce samedi, le coureur de Rabobank n’aura qu’une envie : prouver que ce coup d’éclat n’était pas un accident.
Jurgen van den Broeck est dans une posture identique. Il y a deux ans, il terminait quatrième du Tour de France (après déclassement d’Alberto Contador). Il était le premier Belge depuis Claude Criquielion, en 1986, à se hisser dans le top 5 de la course hexagonale. Il avait fait naître des espoirs dans son pays. Il aspirait à monter sur le podium un jour. Ce n’est pas venu en 2011, la faute à l’immense bordel du Cantal, qui a fait tomber tant de coureurs avant même que la haute montagne ne se profile. Le coureur d’Omega Pharma – Lotto venait de gagner une étape sur le Dauphiné et son entourage n’hésitait pas à le dire dans la forme de sa vie, ce qu’il n’a jamais été possible de vérifier. Le revoilà cette année, auteur d’une approche de Tour plus discrète, et membre d’une équipe Lotto – Belisol davantage centrée autour de lui, avec un Jelle Vanendert certainement amené à l’assister du mieux possible.
Un grimpeur devenu rouleur, et l’inverse
Révélation, confirmation, déception. Les trajectoires des deux hommes sont comparables quand elles portent sur le Tour de France. Concernant leur progression et l’évolution de leur profil, elles se croisent. Robert Gesink est un grimpeur. Un pur. Grand, fin, léger, à l’aise dès que la route s’élève, de manière bien plus naturelle que certains écraseurs de pédales. Sauf qu’il s’est développé depuis environ deux ans. Il a gagné un chrono au Tour d’Oman en février 2011 et depuis, il est parvenu à confirmer ses progrès. Jamais à l’abri de grosses pertes de temps dans l’exercice solitaire, il peinait à jouer le classement général lors de ses premières grandes boucles. Sa cinquième place de 2010 a été acquise malgré ces limites. Qu’il a depuis repoussées. L’édition 2012 est placée sous le signe de cette spécialité et un Robert Gesink « de base » n’aurait pas pu entretenir la moindre ambition. Sa version transformée peut croire au podium.
C’est une évolution contraire qu’a connu Jurgen van den Broeck depuis ses débuts. Dans les rangs juniors, il fut champion du monde de l’exercice en solitaire. Passé pro en 2004 chez US Postal, il a immédiatement progressé en montagne, jusqu’au point de se classer septième du Tour d’Italie en 2008, course sur laquelle il avait découvert les grands tours l’année précédente. Et à mesure qu’il confirmait ses talents en grimpette, il perdait ses aptitudes contre la montre. Si bien que beaucoup d’observateurs ont oublié qu’il était à la base un rouleur en devenir. Mais depuis le début de l’année, il semble afficher une nette amélioration dans la discipline : il a terminé onzième du très long chrono du Dauphiné, preuve qu’il a orienté sa préparation pour le Tour de France en rapport avec son parcours. Au final, Robert Gesink comme Jurgen van den Broeck se rapprochent du juste milieu qui peuvent leur permettre de monter sur la boite à Paris. Et oublier 2011.
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