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Étape piège ou étape test ?
Velochrono.fr 3 July 2012 / 10:39

Le Tour de France 2012 peut entrer dans une phase différente ce mardi. Les monts boulonnais vont proposer un relief propice à la sélection du peloton : ça…



Le Tour de France 2012 peut entrer dans une phase différente ce mardi. Les monts boulonnais vont proposer un relief propice à la sélection du peloton : ça ne va vraisemblablement pas chambouler le classement général, mais ça va causer des sueurs froides à beaucoup de monde. Car c’est aujourd’hui que tous les leaders sauront s’ils peuvent compter sur leur équipe.
Déjà des écarts, et encore plus après Boulogne ?
Cela fait maintenant trois jours que le Tour a commencé. Fabian Cancellara a gagné le prologue et conserve depuis le maillot jaune. Malgré la présence de plusieurs monts dans la région du Boulonnais, à proximité de l?arrivée de la troisième étape, difficile de l?imaginer perdre son paletot. Plus aisé de se projeter vers une nouvelle victoire du Suisse. Alors s?il tient, et même passe à l?attaque, quel coureur axé sur le classement général perdra du temps ? Ce n?est en fait pas comme ça qu?il faut raisonner : si la difficulté s?accentue, elle ne réside toutefois pas dans la seule succession de côtes. La tension réside, la pluie peut s?inviter, le vent également. C?est ça, le danger. Un final intense, enchaînement de petits sprints, descentes brèves mais rapides, c?est périlleux pour n?importe quel coureur encore en manque de rythme. La grande boucle, c?est trois semaines, tout le monde vise plutôt la seconde partie du parcours, et quelqu?un de « limite » peut souffrir n?importe où avant la montagne.
Voilà une théorie qui ne bouleversera personne : chacun sait que la première semaine du Tour de France est tout le temps comme ça. Mais cette année, il y a quelque chose. Comparons : il y a deux ans, la course avait commencé par un prologue, puis avait visité la Belgique. Des chutes avaient explosé le peloton sur la route de Spa et Sylvain Chavanel s?était emparé du maillot jaune. Si l?on met de côté l?avance de presque trois minutes du Français, les écarts étaient moins grands que cette année après autant d?étapes, à condition de se concentrer uniquement sur les premiers du classement général. Aujourd?hui, le centième Daryl Impey est à 2?29 de Fabian Cancellara ; en 2010, c?était Matthieu Sprick et il était à 1?17 de ce même Fabian Cancellara, dauphin de Sylvain Chavanel. Par contre, au niveau du 150e, les débours étaient plus importants il y a deux ans : beaucoup plus de coureurs avaient lâché prise à l?époque, notamment suite à la fameuse grève.
Les gardes rapprochées sur le gril
Alors, quelle situation au classement général après Boulogne-sur-Mer ? Autant on peut s?attendre à ce que ce profil accidenté n?accouche pas d?une course digne d?une classique – c?est le Tour -, autant on constate depuis le départ de Liège qu?il est facile de perdre du temps sans le voir venir. Explications : le peloton roule à toute allure, fruit du tempo de plusieurs grosses armadas, ce qui rend les offensives difficiles à concrétiser, tout en provoquant logiquement des cassures à l?arrière. Soyez mal placé, gêné par une chute, envoyé vous-même au sol, et cette troisième étape peut se transformer en un jour noir. En 2010, pour maintenir le parallèle, à pareil moment de l?épreuve, le peloton du Tour s?était présenté au départ d?une étape particulière : celle d?Arenberg. En direction de Boulogne-sur-mer, pas de pavés mais le même type de danger. C?est typiquement le genre de journée pendant laquelle on jauge la vraie profondeur de rangs des équipes de leaders. Cadel Evans n?a pas de soucis à se faire car BMC regorge de coureurs de classiques, mais qui sait si Bradley Wiggins ne va pas manquer de garçons explosifs à ses côtés ?
Voilà la subtilité : dans la haute-montagne, sur les longs cols, les longues descentes, les longues vallées, les grandes équipes vont pouvoir défendre un maillot jaune, ou agir pour s?en emparer. Par contre, sur les étapes intermédiaires, pour la plupart nerveuses, un rouleur-grimpeur ne sera peut-être le meilleur des renforts. Mais qu?attendre vraiment ? Il y a quand même de très grandes chances qu?un peloton consistant se présente dans Boulogne-sur-Mer pour la gagne, avec même certains sprinteurs en son sein. Si c?est le cas, l?objectif de la journée aura été de roder les automatismes et il aura été rempli. Si un leader veut gagner le Tour de France, il a besoin de croire en sa garde rapprochée. Le moindre écueil, la moindre imperfection, potentiellement observée lors de cette troisième étape, pourra l?amener à douter, à serrer les fesses un peu plus que prévu jusqu?à la montagne, comme si une immense confiance en lui l?habitait et venait de le quitter. N?oublions pas que l?an dernier, le vainqueur du Tour de France, Cadel Evans, avait réussi une exceptionnelle première semaine et était même parvenu à s?imposer à Mur-de-Bretagne.


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