Une journée de vélo exceptionnelle entre Belfort et Porrentruy. Pour le cyclisme français, pour la FDJ-BigMat, pour Marc Madiot, et surtout pour Thibaut Pinot. Le Franc-Comtois, coureur le…
Une journée de vélo exceptionnelle entre Belfort et Porrentruy. Pour le cyclisme français, pour la FDJ-BigMat, pour Marc Madiot, et surtout pour Thibaut Pinot. Le Franc-Comtois, coureur le plus jeune du Tour de France 2012, s’est adjugé la huitième étape au terme d’un numéro remarquable sur la Côte de Caquerelle et le Col de la Croix, parvenant à venir à bout de l’animateur de la journée, Fredrik Kessiakoff. Vainqueur sur le fil, le jour de sa fête, face à des cadors lancés à tout vitesse à sa poursuite, il décroche la première grande victoire d’une carrière qui en promet de nombreuses autres.
Une étape superbe
Vous avez raté la huitième étape du Tour de France 2012 ? Vous êtes impardonnable. Publicité énorme pour le cyclisme ce dimanche sur les routes françaises et suisses, avec une journée forte en suspens et en émotion. Il a fallu près de deux heures pour que l’échappée du jour se dessine, sur un parcours fait de montagnes russes, qui inspirait un très grand nombre de coureurs persuadés qu’il s’agissait là de la première opportunité pour une échappée d’aller chercher un succès. C’est Jérémy Roy qui débloquait la situation après une longue expectative, comme pour jeter les bases d’une étape mémorable pour la FDJ-BigMat. Rejoint par Frederik Kessiakoff, ensuite par Steven Kruijswijk et Kevin de Weert, le Tourangeau finissait par changer de tactique : le mieux, c’était d’attendre le groupe des poursuivants, dans lequel figurait son coéquipier, et meilleur grimpeur que lui, Thibaut Pinot. Une fois la jonction opérée, un seul homme continuait seul en tête : Fredrik Kessiakoff. Et Roy de se mettre à la planche pour Pinot, calé dans sa roue jusqu’à la Côte de Caquerelle, l’avant-dernière de la journée. Jusque là, on ne soupçonne pas le jeunot d’être capable de réaliser ce qui va suivre.
Pinot v Kessiakoff
Dès les premières rampes de la montée, Thibaut Pinot se positionne en tête du groupe et élimine tout le monde un à un. De David Moncoutié à Christophe Kern, en passant par Robert Kiserlovski. Plus que Tony Gallopin dans sa roue, autre symbole d’une jeunesse française glorieuse. Le Suédois est alors toujours en tête avec plus d’une minute d’avance. Il semble filer vers le succès mais le duo de chasse insiste. Au pied du Col de la Croix, Thibaut Pinot ne perd pas de temps : il attaque d’entrée et sème Tony Gallopin. Pour ensuite grignoter seconde après seconde. S’en suit un duel à distance à la fois physique et mental. Tout se joue sur le moment où Pinot va reprendre Kessiakoff. Comment opérer la jonction ? En essayant de déposer immédiatement son rival ou en préférant rester avec lui pour se prémunir du retour d’un groupe maillot jaune menaçant ? Le Français choisit la première option. Il ne marque pas le moindre temps d’arrêt et s’arrange pour basculer au sommet avec dix secondes d’avance. Dans la descente, on craint pour lui à cause des qualités d’équilibriste de Kessiakoff, mais celui-ci est pris à son propre jeu : il glisse dans un virage et se met alors à douter.
Madiot survolté, Pinot réceptif
Le groupe des cadors, avec Cadel Evans, Bradley Wiggins, Christopher Froome, Vincenzo Nibali, Jurgen van den Broeck, Frank Schleck, Haimar Zubeldia, Denis Menchov et Christopher Horner, représente alors le principal danger pour Thibaut Pinot. Et encore plus quand Cadel Evans se décide à attaquer sur le plat. Les Sky n’auront alors pas d’autre choix que de le poursuivre. Marc Madiot est aux côtés de son poulain, se penche à la fenêtre, hurle de toutes ses forces. Son coureur est réceptif. Il ne se désunit pas. Il fait preuve de sang froid quand un rond-point n’est pas loin de le faire chuter. Il maintient son avance et prend même le temps de savourer dans les derniers mètres. Sa victoire est celle de la fraîcheur. Le jour de la Saint-Thibaut. Rien ne change au classement général, mais la lutte pour le maillot jaune est parfois secondaire. Ce gamin de 22 ans, révélé en 2009 par sa victoire sur le Tour du Val d’Aoste, a sorti le Tour de France 2012 de ses stéréotypes. Il a réussi ce que Jérémy Roy avait manqué un an plus tôt à Lourdes. Et lui a dédié son succès. En attendant les prochains.
NB : L’étape a aussi été marquée par la chute et l’abandon de Samuel Sanchez, victime d’une fracture de la main et de la clavicule.
1. Thibaut Pinot (FDJ-BigMat)
2. Cadel Evans (BMC) +0’26″
3. Tony Gallopin (Radio Shack – Nissan) m.t.
4. Vicenzo Nibali (Liquigas) m.t.
5. Bradley Wiggins (Team Sky) m.t.
6. Jurgen van den Broeck (Lotto-Belisol) m.t.
7. Christopher Froome (Team Sky) m.t.
8. Denis Menchov (Katusha) m.t.
9. Haimar Zubeldia (Radio Shack – Nissan) m.t.
10. Frank Schleck (Radio Shack – Nissan) +0’30″
1. Bradley Wiggins (Team Sky)
2. Cadel Evans (BMC) +0’10″
3. Vicenzo Nibali (Liquigas) +0’16″
4. Denis Menchov (Katusha) +0’54″
5. Haimar Zubeldia (Radio Shack – Nissan) +0’59″
6. Christopher Froome (Team Sky) +1’32″
7. Maxime Monfort (Radio Shack – Nissan) +2’08″
8. Jurgen van den Broeck (Lotto-Belisol)
9. Nicolas Roche (AG2R La Mondiale) m.t.
10. Rein Taaramae (Cofidis) +2’27″
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11. Tony Gallopin (Radio Shack – Nissan) +3’13″
12. Rui Faria da Costa (Movistar) +3’24″
13. Thibaut Pinot (FDJ-BigMat) +3’41″
14. Chris Horner (Radio Shack – Nissan) +3’43″
15. Frank Schleck (Radio Shack – Nissan) +3’47″
16. Janez Brajkovic (Astana) +4’03″
17. Tejay van Garderen (BMC) +4’08″
18. Ivan Basso (Liquigas) +4’12″
19. Andreas Klöden (Radio Shack – Nissan) +4’24″
20. Pierre Rolland (Europcar) +4’26″
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21. Levi Leipheimer (Omega Pharma – Quick Step) +4’46″
22. Michele Scarponi (Lampre) +5’37″
23. Jérôme Coppel (Saur-Sojasun) m.t.
27. Peter Velits (Omega Pharma – Quick Step) +6’45″
28. Alejandro Valverde (Movistar) m.t.
43. Jean-Christophe Peraud (AG2R La Mondiale) +18’19″
56. Robert Gesink (Rabobank) +23’12″
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